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Organisme canadien de réglementation des valeurs mobilières

Dernière modification 22 décembre 2011

Le secteur des services financiers du Canada est réglementé à la fois par une autorité fédérale et par des autorités provinciales/territoriales. Les banques sont réglementées au niveau fédéral, par la Loi sur les banques, alors que les marchés des valeurs mobilières sont actuellement sous réglementation provinciale. Ainsi, le Canada dispose de 13 ensembles de règles et règlements, administrés par 13 commissions de valeurs mobilières provinciales ou territoriales. Cet état des choses mène à un niveau élevé de redondance réglementaire, d’inefficiences et de complexité. Avec son système actuel, le Canada est déphasé par rapport au reste du monde : nous sommes le seul pays industrialisé n’ayant pas prévu un organisme national de réglementation des valeurs mobilières et qui, donc, ne parle pas d’une seule voix sur la scène internationale.

Voilà des années que l’ABC intervient en faveur de réglementations efficaces des valeurs mobilières, avec la ferme conviction qu’un organisme national de réglementation sera à l’avantage de tous les Canadiens. De bonnes raisons justifient depuis toujours la création d’un organisme unique de réglementation des valeurs mobilières : une meilleure protection des investisseurs, une meilleure application des lois et des efforts de lutte contre la fraude, une plus grande efficience des marchés financiers et une réduction des coûts d’emprunt de capitaux. Or, de récentes mutations rendent encore plus cruciale cette réforme.

  • Depuis 2007, des développements au niveau des finances internationales ont modifié considérablement le paysage financier. Il est désormais clair que les risques financiers se déplacent facilement et rapidement entre marchés financiers et marchés de capitaux. Ainsi, le système de réglementation des marchés de capitaux se doit d’être cohésif, et permettre une coordination efficace entre l’organisme de réglementation des marchés financiers et celui des marchés de capitaux. Cette coordination est plus difficile au Canada en raison de l’existence de 13 organismes différents de réglementation des valeurs mobilières.
  • Les perturbations constatées dans les marchés financiers internationaux au cours des dernières années ont souligné le besoin pour les organismes de réglementation, y compris en matière de valeurs mobilières, de se doter d’une structure capable de répondre rapidement et efficacement aux risques systémiques, soit les risques qui affectent l’ensemble du système financier. La structure réglementaire au Canada semble bien adaptée, à tous les égards, pour faire face à ces risques, sauf en matière de valeurs mobilières.
  • La crise financière mondiale a montré que le Canada a besoin de se prononcer clairement d’une voix nationale lorsque les organismes internationaux se proposent d’élaborer des règlements en matière de valeurs mobilières. Avoir 13 commissions de valeurs mobilières limite notre capacité d’influer efficacement sur les normes mondiales régissant les marchés de capitaux. Par ailleurs, les organismes de réglementation étrangers ont signalé leurs incertitudes quant à quel groupe contacter au sujet des questions propres au Canada. Les organismes provinciaux peuvent certes agir comme oreilles du Canada sur la scène internationale, mais il n’y a aucun organisme capable d’être la voix du Canada.

En 2010, le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi sur les valeurs mobilières au Canada et a demandé à la Cour suprême du Canada de se prononcer sur sa validité constitutionnelle. En décembre 2011, la Cour suprême a établi que le gouvernement fédéral jouit du droit constitutionnel de réglementer certains aspects importants des marchés des valeurs mobilières au Canada, mais que la Loi sur les valeurs mobilières du Canada était inconstitutionnelle.

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